Vous pouvez écouter ce billet de Jacques Tarnero en cliquant ici.
En voici la retranscription précise :
Que s’est-il passé le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim à Gaza ?
Tout le monde a en mémoire la terrible image de ce père palestinien tentant vainement de protéger son fils des tirs d’une fusillade. C’était le début de la seconde l’intifada. Nous avions tous vu à l’époque l’image de l’enfant s’écroulant sur la jambe de son père, tandis que ce dernier paraissait tituber sous les impacts des balles.
Pour les téléspectateurs les jeux étaient entendus, si j’ose dire. Les tirs ne pouvaient venir que de la position israélienne ; c’est ce que disait en l’occurrence le commentaire. Des soldats israéliens avaient abattu un gamin palestinien. Accablés par l’horreur de cette scène, avec une parole qui désignait le coupable, nous étions tétanisés.
Et puis le doute s’est installé car trop d’éléments troublants mettaient à mal la thèse officielle.
Pour avoir osé poser les questions mais aussi pour avoir conclu à une supercherie d’Antenne 2, Philippe Karsenty, responsable du site Internet Media Ratings se trouve assigné en justice dans le cadre d’une procédure en diffamation déposée par la chaîne.
Mais de quoi s’agit il en fait ?
De la véhémence de Karsenty ? Ou bien de la vérité des faits ?
Si le postulat est : la vérité de toute éternité sort de la bouche d’Antenne 2, alors bien évidemment Karsenty est condamnable puisque cette parole d’évangile ne peut pas être mise en doute.
Mais si par contre d’autres éléments sont venus prouver que le postulat d’innocence de la chaîne de service public est moins innocent que prévu, alors là, la présomption d’innocence joue en faveur de Karsenty car il a été le porte-parole d’une exigence civique.
Où sont les preuves ?
Où sont les rushes qui montrent l’agonie de l’enfant palestinien ?
Peut on regarder ces images de près ?
Peut on faire un arrêt sur image ?
Je ne conclus rien.
Je ne sais pas, au bout du compte, si cet enfant est mort ou vivant.
Je ne sais pas s’il s’agit d’une imposture.
Je ne sais pas si la chaîne de télévision a cru vraies des images qui ne l’étaient pas.
Je ne sais pas si le correspondant d’Antenne 2 s’est laisser abuser par son caméraman.
Je ne sais pas si la rédaction a couvert des mensonges ou bien une cascade de fautes professionnelles.
Je ne sais pas, mais je m’interroge et nous avons le droit de savoir et Antenne 2 a le devoir de rendre des comptes et c’est le mérite de Karsenty d’avoir osé briser le silence.
Jacques Tarnero
