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France 2 : Arlette Chabot et Charles Enderlin doivent être démis de leurs fonctions immédiatement

Mis en ligne le 22 novembre 2004

Les critères de Précision, d’ Indépendance, de Transparence et de Responsabilité de la méthode PHILTRE ont été violés à de nombreuses reprises par France 2 par la diffusion de la fausse mort de Mohamed Al Doura le 30 septembre 2000.

Précisions préalables

Arlette Chabot a menacé de porter plainte contre toute personne qui accuserait France 2 d'avoir diffusé un faux ce 30 septembre 2000.

La société éditrice de Media-Ratings - GETZE S.A. - est prête à répondre devant la justice française de ce qu’elle avance.

Précisons que nos conclusions ont été présentées à des spécialistes de l’image ainsi qu’à un ancien membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Ils ont validé nos conclusions ainsi que cet article.

Ajoutons qu’au moins deux membres du gouvernement de M. Jean-Pierre Raffarin et de nombreux journalistes savent que France 2 a présenté un faux reportage le 30 septembre 2000.

Il serait bien qu’ils se manifestent afin de faire cesser cette mascarade qui déshonore la France et sa télévision publique.

Pour ce qui nous concerne, nous verserions 10 000 € à une ONG choisie par France 2 si la chaîne parvenait à nous démontrer ainsi qu’à un collège d’experts indépendants que le reportage diffusé le 30 septembre 2000 montrant la mort d’un enfant palestinien dans les bras de son père n’est pas un faux.

Face à cet engagement, et au cas où France 2 ne pourrait apporter cette preuve, nous espérons que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel exigera la démission immédiate de ceux qui se sont livrés à cette supercherie.

Dernier point important : le Wall Street Journal a publié, le 10 décembre 2004, un article qui accable France 2 et Charles Enderlin tout en citant l'analyse de Media-Ratings.

Rappel des faits

Le 30 septembre 2000, France 2 a diffusé un reportage présentant la mort filmée d’un enfant palestinien, Mohamed Al Doura, dans les bras de son père, Jamal Al Doura.

Ces images, qui ont fait le tour du monde, ont provoqué de nombreuses violences. Cette mort, dont la responsabilité avait été attribuée à l'armée israélienne, est devenue le symbole de la guerre qui oppose Israéliens et Palestiniens depuis septembre 2000.

Une polémique oppose France 2 et l’agence de presse israélienne MENA - Metula News Agency - qui accuse la chaîne française d’avoir diffusé un faux.

La controverse s’est récemment amplifiée, après les interventions d’un député UMP et de nombreux journalistes, pour aboutir à ce que la nouvelle directrice de l’information de France 2, Arlette Chabot, provoque une conférence de presse pour tenter de se justifier ce jeudi 18 novembre 2004.

Précisons que nous n’avons pas pu assister à cette conférence de presse, car l’accès nous a été refusé sans qu’aucune raison nous ait été apportée.

Analyse et conclusions de Media-Ratings

Au regard des éléments dont nous disposons, nous affirmons que le correspondant de France 2 à Jérusalem, Charles Enderlin, a effectivement diffusé un faux reportage ce 30 septembre 2000.

Voici donc les incohérences du document de France 2.

Dès le début du reportage présenté par France 2, on s’aperçoit que l’on assiste à une série de scènes jouées.

En effet, dans la séquence qui introduit les images de la mort de l’enfant, un homme est prétendument touché par balle à la jambe droite. L’homme est traîné sur le sol sur cette même jambe droite, mais il n’y a aucune trace de sang au sol. Une ambulance arrive pour prendre en charge le prétendu blessé en moins de deux secondes (temps chronométré), ce qui n’est pas crédible. Enfin, les brancardiers qui viennent chercher le « blessé » le posent sur le flanc droit (celui qui aurait été touché) et il ne semble pas s’en plaindre.

Ces éléments nous amènent à conclure que ce premier épisode est une pure fiction.

D’une part, la MENA a présenté des images tournées, notamment par l’agence Reuters, ce 30 septembre 2000 par d’autres journalistes reporters d’images, à l’endroit même où a été filmée la fausse mort de Mohamed Al Doura.

Il en résulte qu’il y avait une multitude de cameramen ce jour là au même endroit et que curieusement, aucun n’a filmé la scène incriminée ni l’évacuation du père et de l’enfant.

D’autre part, il en ressort qu’un metteur en scène était présent et que des saynètes de guerre jouées par des comédiens amateurs ont été filmées au même endroit le même jour. En outre, dans une de ces scènes filmées, le metteur en scène dit « Tout est fichu. Il faut tout refaire » en agitant les bras et en coordonnant les figurants.

Venons en maintenant à la scène principale où le père (Jamal Al Doura) a été soi-disant blessé et l’enfant (Mohamed Al Doura) soi-disant tué.

L’observation attentive des images qui ont été présentées par France 2 au monde entier laisse apparaître des incohérences que rien n’explique.

Le père est censé avoir reçu huit balles lors de cet accrochage, dont une au coude droit et une à l’épaule droite. Or, il apparaît, après observation attentive des images, qu’il n’y a aucune trace de balle ou de sang sur le corps ou sur les vêtements du père.

L’enfant est censé avoir été tué à l’issue de la séquence tournée par France 2. Or, il apparaît que la position de l’enfant à la fin de la scène n’est pas celle d’une personne morte. En effet, les positions contractées des bras, des mains et des jambes montrent que l’enfant n’est pas mort.

De plus, on voit que l’ enfant a, après la soi-disant rafale meurtrière, des mouvements qui prouvent qu'il n'est pas mort suite à cette pseudo rafale meutrière.

En effet, alors qu’il est censé être mort, il a la tête sur les cuisses de son père. Puis on le retrouve couché sur le flanc. Ensuite, l’enfant lève le coude et regarde la caméra. Enfin, il se met sur le ventre et met ses mains devant les yeux.

Tout ceci, à l’évidence, n’est pas cohérent avec la version donnée par France 2.

Notons aussi qu’ aucun impact de balles n’est apparent sur le corps ou sur les vêtements de l’enfant.

Pour contrebalancer ces remarques, France 2 a présenté, lors de sa conférence de presse du 18 novembre 2004, des photos des cicatrices du père. Or, rien ne permet de dater les blessures qui ont occasionné ces cicatrices. De plus, l’agence de presse MENA a présenté le rapport médical du père qui nous apprend qu’il avait été blessé précédemment au bras et à l’épaule et que, par conséquent, les cicatrices présentées par Mme Chabot correspondent en réalité à des blessures antérieures.

Mme Chabot a déclaré (sur Canal + le samedi 20 novembre 2004) que les cicatrices du père présentées en octobre 2004 démontrent qu’il a bien été blessé ce 30 septembre 2000. Puis elle ajoute contre toute évidence, que c’est la une preuve que l’enfant a bien été tué le même jour : conclusion dénouée de toute logique, mais tentative de justification passablement maladroite.

Les explications que Charles Enderlin a données sur ces images sont aussi contredites par de nombreux éléments.

Lorsqu’il lui a été demandé pourquoi il y avait une coupure dans son montage entre le moment où l’enfant ne semblait pas touché et celui où il paraissait mort, Charles Enderlin a répondu que c’était parce qu’il n’avait pas souhaité montrer l’agonie de l’enfant.

Toutes les personnes qui ont eu accès à l’ensemble des rushes de France 2 démentent cette affirmation et révèlent que la chaîne ne dispose d’aucune scène d’agonie de l’enfant.

Charles Enderlin, en l’occurrence, se trompe, et du même coup, nous trompe.

Pourquoi ?

Cherche-t-il à couvrir son imposture ?

Notons que M. Enderlin aurait fait pression sur L’Express, car ce magazine souhaitait publier des informations qui contredisent sa version des faits.

Notons également que certains médias - notamment Télérama et L’Humanité - ont apporté un soutien, plus ou moins appuyé, aux thèses de France 2. En revanche, d’autres comme Le Monde ou le Nouvel Obs, ont présenté la controverse entre la MENA et France 2 de façon équilibrée. De son côté, Le Figaro (bloc-notes d’Ivan Rioufol du 19 novembre 2004) soutient implicitement la thèse de la MENA : « Cette complaisance n'est pas sans rappeler celle qui laissa accuser l'armée israélienne d'avoir tué le petit Mohamed al-Dura dans les bras de son père, le 30 septembre 2000 à Gaza, au cours d'un tir croisé entre palestiniens et israéliens filmé par France 2. Depuis, les sérieux doutes apportés à cette scène n'ont pas suffi à effacer l'accusation. »

Enfin, on comprend mal que Daniel Schneidermann dans Libération de ce vendredi 26 novembre 2004 se croit obligé d’apporter son soutien à l’imposture de France 2. Précisons qu’il soutient la chaîne alors qu’il dispose d’assez d’éléments (entre autres des éléments de la MENA) pour savoir que ce qu’il affirme dans son article est faux. Et pourtant, il le publie. S’agit-il d’un réflexe corporatiste ? Sans doute ne veut-il pas se fâcher avec Francetelevisions, maison mère de France 2 et de France 5 où il officie le dimanche ?

Les critères de Précision (exactitude de l’information), d’ Indépendance (le journaliste analyse-t-il les affirmations de sa source ?), de Transparence (autocritique, suite donnée aux erreurs) et de Responsabilité de la méthode PHILTRE n’ont donc pas été respectés à de nombreuses reprises par France 2 au cours des quatre années écoulées.

Précisons enfin que la quasi totalité des rédactions françaises reçoivent nos communiqués de presse.

Lorsque nous avions révélé le 25 octobre 2004 l’existence de la troisième cassette des otages français 18 jours avant que France 2 n’en parle, seul le magazine Valeurs Actuelles avait repris notre information.

Espérons que les médias français informeront rapidement leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs de l’imposture médiatique à laquelle s’est livré France 2 depuis plus de 4 ans.

De leur côté, les médias anglo-saxons commencent à s’intéresser au sujet.

Ainsi, le Wall Street Journal du vendredi 26 novembre 2004 a publié un article de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la MENA, récapitulant de nombreuses incohérences du faux reportage de France 2. Cet article n’est malheureusement pas disponible en ligne mais si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à vous manifester : articleWSJ@M-R.fr

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