Mis en ligne le 23 février 2006
Au mois de novembre 2005, nous avions publié une perle - « Camille Pascal n’ira pas chez France Télévisions : la morale est sauve ! » - dans laquelle nous nous réjouissions du fait que la commission de déontologie de la fonction publique ait refusé l’arrivée du directeur de cabinet de Dominique Baudis, président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, au sein du groupe de télévision publique.
Mais, il semble que la déontologie ne soit plus une priorité en France puisque M. Pascal a affirmé le 20 février 2006 qu’il « ne se soumet pas à un avis qu’il considère infondé en droit » et qu’il rejoindra donc France Télévisions à partir du 1er mars 2006, au poste de directeur général adjoint, chargé du développement et de la diversification.
Dans toute république non bananière, la nomination de Camille Pascal aurait déclenché un scandale et peut-être même provoqué le démantèlement de la chaîne de commandement qui a autorisé, voire encouragé, ce parachutage.
Pas en France !
Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, n’a visiblement pas été gêné par cette nomination. Il est vrai que la déontologie n’est pas son fort puisqu’il a été lui-même condamné pour blanchiment et qu’il a été pris en flagrant délit de mensonge à l’Assemblée Nationale en 2005.
Pour ce qui concerne le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, il laisse faire alors qu’il a été personnellement informé par le président de Media-Ratings des turpitudes de Camille Pascal.
Dans toute république non bananière où il existerait des journalistes spécialisés sur les médias, ces derniers se seraient précipités pour enquêter et révéler ce scandale au grand public.
Pas en France !
Certains journalistes, qui travaillent dans des journaux qui se prétendent de référence, sont en contact avec nous, ont été alertés par nos soins, mais n’ont visiblement pas jugé utile d’informer leurs lecteurs.
Il est vrai qu’en France, aucun journaliste ambitieux n’oserait se fâcher avec France Télévisions…
Précisons que Camille Pascal a, pour récuser l’avis consultatif de la commission de déontologie de la fonction publique, affirmé qu’il n’a jamais traité du groupe France Télévisions dans ses fonctions au CSA.
Cette information est fausse et nous détenons les preuves, électroniques et téléphoniques, que Camille Pascal a menti.
En conséquence, l’arrivée de l’ancien directeur de cabinet de Dominique Baudis chez France Télévisions est incompatible avec ses anciennes fonctions.
Nous tenons ces preuves à la disposition de tout journaliste digne de ce nom travaillant dans un média courageux ou de tout syndicaliste souhaitant faire respecter le droit dans l’audiovisuel public.
Toutefois, pour expliquer la souplesse que s’autorise Camille Pascal avec la déontologie, précisons qu’il affirme disposer de soutiens importants puisqu’il se vante d’écrire certains discours du président de la République, Jacques Chirac. Rien que ça !
Ajoutons aussi, parmi les états de services de Camille Pascal, que ce dernier s’est personnellement employé à empêcher le CSA de faire son travail dans l’affaire France 2 – Enderlin qui a déclenché une vague mondiale d’antisémitisme.
Touche-t-il, avec cette nomination, les dividendes de ses actions passées ?
Il est étonnant que, dans le contexte actuel, cette faute soit pardonnée, voire portée au crédit de M. Pascal.
Ajoutons qu’il avait cumulé les écarts en accusant le président de Media-Ratings, Philippe Karsenty, « d’appartenir aux service secrets israéliens ».
Au moment où Jacques Chirac affirme qu’il veut sincèrement lutter contre l’antisémitisme, comment expliquer qu’il récompense un de ses fidèles serviteurs qui s’est tristement illustré dans ce domaine ?