Mis en ligne le 17 février 2006
Cet article est disponible en anglais : Danish cartoons: manipulation or capitulation?.
Depuis plusieurs semaines, l’Occident est attaqué sur un principe essentiel de la démocratie : la liberté d’expression.
Voici quelques informations exclusives ainsi que quelques éléments de réflexion qui permettent de mieux appréhender la situation.
Rappel des faits
Le 30 septembre 2005, un journal danois, le Jylland-Posten, a publié douze caricatures d’un prophète : Mahomet. L’une d’entre elles le représentait avec un turban en forme de bombe avec une mèche allumée.
La publication de ces caricatures faisait suite au regret de l’auteur danois Kare Bluitgen de ne trouver personne pour illustrer son livre sur Mahomet.
Le 19 octobre 2005, onze ambassadeurs de pays musulmans, en poste au Danemark, ont protesté contre ces caricatures. Le premier ministre danois a alors refusé de les recevoir.
Le 29 décembre 2005, la Ligue Arabe a condamné les caricatures.
Le 10 janvier 2006, un journal norvégien a publié ces caricatures.
Le 23 janvier 2006, une campagne de boycott des produits danois a été lancée en Arabie Saoudite.
France-Soir a publié le 1er février 2006 les douze caricatures danoises. Le soir même, le directeur de la publication, Jacques Lefranc, était renvoyé par le propriétaire du quotidien, le franco-égyptien, Raymond Lakah.
Le 8 février 2006, Charlie Hebdo publiait la totalité des caricatures danoises.
Dès la fin janvier 2006, des ambassades européennes, mais aussi des centres culturels, se trouvant dans des pays musulmans étaient saccagés au nom de la défense de l’islam.
Rappelons que dans le droit international, les attaques dirigées contre des ambassades sont des actes graves qui engagent la responsabilité des pays hôtes de ces bâtiments diplomatiques. A ce sujet, nous vous invitons à lire le très pertinent éditorial du Monde du 13 février 2006
Par la suite, un prêtre italien était assassiné en Turquie en riposte à la publication des caricatures, tandis que des morts furent à regretter au Pakistan et ailleurs.
Début février, la manipulation qui avait déclenché cette crise était mise à jour : le chef spirituel des musulmans du Danemark, Abou Laban, avait engagé une campagne auprès de certains pays arabes afin de les inciter à enclencher une campagne de boycott du Danemark, puis de la Norvège.
Or, il est maintenant avéré que ce ne sont pas les douze caricatures originales danoises qui ont mis le feu aux poudres mais que ce sont bien trois dessins insultants qui ont été ajoutés par Abou Laban pour enflammer les esprits : Mahomet en pédophile, un musulman en prière subissant les assauts d’un chien, la photo d’un homme avec un groin de cochon en guise de nez pour représenter Mahomet.
Notons ici que l’utilisation de faux rejoint parfaitement la stratégie utilisée par le caméraman Talal Abou Ramah de France 2, lors de la diffusion de fausses images le 30 septembre 2000, pour enflammer les territoires palestiniens : même falsification, même « victimisation » artificiellement alimentée entraînant une flambée de violences !
Terminologie employée : Mahomet ? Mohamed ? Quel prophète ?
Tout au long de cet article, comme dans la majeure partie des médias français, le prophète des musulmans est appelé « Mahomet ». Or, Mahomet n’est que la transcription turque de « Mohamed », qui est le nom arabe du prophète musulman.
Il se trouve que la majorité des musulmans français est d’origine maghrébine. L’appellation « Mahomet » peut donc être considérée comme inadéquate en France et pourrait, en toute logique, être remplacée par « Mohamed ».
Par ailleurs, la quasi-totalité des médias français fait référence au « prophète », avec ou sans majuscule, pour parler de Mahomet.
Or en appelant Mahomet, « le prophète », les médias font comme s'il n'en existait qu'un et nient le caractère de prophète à ceux des autres religions.
Le contexte dans lequel la polémique des caricatures est intervenu
Depuis de nombreuses années, la France, mais plus généralement le monde occidental, est frappé par des crises mettant en cause la confrontation entre la vision occidentale et musulmane de la société.
La publication en Angleterre des « Versets sataniques » de Salman Rushdie en 1989 a provoqué la colère de certains musulmans qui se sont opposés à la diffusion de ce livre. Certains éditeurs de ce livre ont même été agressés tandis que l’Ayatollah Khomeiny lançait une fatwa appelant à l’assassinat de l’écrivain anglais d’origine indienne.
De son côté, le monde occidental a, après quelques atermoiements, réagi fermement en défendant la liberté de création de Salman Rushdie et en le protégeant à grands frais. A l’époque, certains dirigeants occidentaux, comme Jimmy Carter, s’étaient déjà illustrés par leur tendance à la capitulation tandis que le grand rabbin d’Angleterre avait affirmé - dans un réflexe corporatiste ? – que « le livre n'aurait pas dû être publié » et avait demandé que des lois interdisent les « excès de la liberté d'expression ».
C’est aussi en 1989 que le voile islamique fit son apparition dans des écoles françaises.
Toujours en 1989, suite à des menaces d’attentats, Véronique Sanson avait cessé d’interpréter sa chanson sur Allah lors de ses concerts.
Par la suite, de nombreuses provocations furent organisées par certaines organisations islamistes, étrangères et locales, afin de tester la détermination de l'Occident à défendre la laïcité et la liberté d'expression.
Notons à ce sujet l’excellente analyse d’Olivier Roy, publiée dans Le Monde du 9 février 2006 : « Les régimes arabes, en effet, se sont toujours efforcés de maintenir l'immigration en Europe comme une diaspora, mobilisable pour les causes nationales. Les pays du Maghreb considèrent la deuxième génération née en France comme retenant automatiquement la nationalité des parents. Les consulats se présentent toujours comme des intermédiaires pour gérer les tensions autour de questions d'islam, et se sont livrés à une intense campagne pour contrôler les élections au CFCM (Conseil Français du Culte Musulman). »
C’est ainsi que la maire de Lille, Martine Aubry, a instauré, à la demande d’organisations religieuses, des horaires de piscine réservés aux femmes.
En novembre 2004, le cinéaste Théo Van Gogh était égorgé par un islamiste néerlando-marocain qui lui reprochait d’avoir dénoncé, dans un film, la soumission des femmes musulmanes.
En somme, par petites touches mais aussi par quelques actes spectaculaires - attentats à Paris, à Londres, à Madrid, à New York, à Washington, en Israël, en Irak, à Bali, à Istanbul, à Djerba et dans tant d’autres endroits du monde – les islamistes ont essayé d’intimider l’occident ainsi que ceux qui, dans leur société, adoptaient un mode de vie occidental.
Le résultat de ces attaques a été, du point de vue islamiste, concluant puisque de nombreux dirigeants politiques ont repris leurs thématiques et leur dialectique. Ainsi, on a pu voir en France un ancien ministre, Hubert Vedrine, reprendre à son compte la rhétorique islamiste. De même, un géopoliticien disposant de nombreux relais médiatiques, Pascal Boniface, s’est mis à diffuser des dogmes directement inspirés de la Ligue Arabe.
La mobilisation dans les pays musulmans
La polémique a pris une ampleur considérable, des manifestations ont eu lieu dans de nombreux pays musulmans. Notons que les pays dictatoriaux où ces manifestations ont eu lieu doivent être autorisées, voire inspirées, par les gouvernants. La crise religieuse s’est transformée en crise politique majeure.
L'affaire a donc été montée en épingle, au travers de la diffusion des fausses caricatures, et instrumentalisée politiquement par ces régimes dictatoriaux en difficulté, intérieure (Syrie) ou extérieure (Iran). Pour en savoir plus sur ces manipulations, nous vous invitons à lire l’excellente analyse publiée dans Valeurs Actuelles du 10 férvrier 2006 ou l’étude très bien documentée de Claude Moniquet de l’ESISC.
Pour ce qui concerne les douze caricatures danoises, et indépendamment des trois fausses ajoutées, celle qui a le plus choqué est celle où le turban de Mahomet est remplacé par une bombe.
Or, ce sont bien les terroristes qui se font exploser qui se revendiquent de l’islam.
N’est-il pas plus choquant ou insultant pour cette religion, et ses millions de pratiquants, de voir des assassins s’en réclamer ?
Pourquoi n’a-t-on pas entendu ces pratiquants manifester lorsque leur religion était si scandaleusement détournée et caricaturée ?
C’est exactement la question qu’a posée le rédacteur en chef de l'hebdomadaire jordanien Shihane, Jihad Momani, en publiant trois des caricatures danoises : « Qu'est-ce qui porte plus préjudice à l'islam, ces caricatures ou bien les images d'un preneur d'otage qui égorge sa victime devant les caméras, ou encore un kamikaze qui se fait exploser au milieu d'un mariage à Amman ?».
Il a depuis été emprisonné, puis libéré.
Notons aussi la très courageuse prise de position de Hamadi Redissi, professeur de sciences politiques à Tunis, qui est cité dans une dépêche de l’AFP du 8 février 2006 : « Vous ne devez pas renoncer. Si vous cédez, c'en sera fini. Tous les prétextes seront alors invoqués. Il n'y aura pas de limite. Qu'il soit interdit aux musulmans d'offenser le prophète est compréhensible. Mais dans ce cas, on cherche à étendre cet interdit à vous, occidentaux. C'est une tentative d'imposer la Charia, la loi islamique au monde. »
Ces deux dernières prises de position sont rassurantes et probablement représentatives de la majorité des musulmans du monde entier qui n’aspirent certainement pas à être instrumentalisés par les Frères Musulmans et qui rejettent ces tentatives de manipulation.
La crise des caricatures est artificielle et basée sur la diffusion de fausses images, mais aussi sur une interprétation discutable, et discutée, du Coran. Ainsi, la représentation de Mahomet n’est pas, et n’a pas toujours été, interdite dans l’islam.
De plus, même si l’interprétation rigoriste prônée par certains imams devait être retenue, elle ne s’appliquerait qu’aux musulmans et ne devrait être imposée à personne d’autre.
Notons enfin les requêtes du secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu, faites au haut représentant de la politique extérieure de l’Union Européenne, Javier Solana. Ce dernier s’est vu demandé de faire voter des lois contre « l’islamophobie », ce qui dans l’interprétation de la Conférence Islamique reviendrait à imposer certains pans de la Charia en Europe. Toujours dans le même esprit, il lui a été suggéré de faire adopter un « code de bonne conduite des médias européens, afin de tenir compte des sensibilités des musulmans ». Enfin, la dernière proposition était de faire accepter à l’ONU un code qui « définirait les limites de la liberté d'expression dans le domaine des symboles religieux ».
Si ces propositions devaient être acceptées, cela serait une victoire triomphante pour les Frères Musulmans et leur stratégie mondiale d’intimidation et de chantage exercée sur le monde occidental : se faire pardonner la « faute » des caricatures danoises en faisant adopter des législations reprenant la loi islamique, et en opposition avec la tradition européenne de démocratie et de liberté d’expression.
De plus, des textes existent déjà pour réprimer les manifestations racistes et xénophobes. L’objectif serait donc bien d’interdire la critique des religions et d’imposer le délit de blasphème, concernant le seul islam, dans la législation occidentale.
Pour couronner ces tentatives de manipulation, ajoutons la scandaleuse déclaration du secrétaire général de l’OCI qui a osé affirmer qu’il voyait l’affaire des caricatures comme un « nouveau 11 septembre » dirigé contre le monde musulman.
Jusque là, nous pensions que le 11 septembre avait été réalisé par des terroristes se réclamant de l’islam, en vue de faire plier l’Occident…
L’attitude des médias et des intellectuels
Globalement, on peut se féliciter de l’attitude des médias et des intellectuels français qui ont, dans leur grande majorité, résisté face aux diverses provocations et tentatives d’intimidation.
Il y eu bien évidemment certains dérapages comme ceux de France 2 qui ont essayé de faire croire que la manifestation parisienne contre les caricatures danoises du samedi 11 février 2006 s’était déroulée « dans le calme » alors que ces propos étaient démentis le soir même par le JT d’Arte, images chocs à l’appui. Pour en avoir le cœur net, voyez aussi ces images de la manifestation du 11 février 2006 ainsi que ces photos de manifestations organisées contre les caricatures danoises.
Face à la tentative de plus en plus évidente d’intimidation et de manipulation de l’Europe par certaines organisations islamistes, nous ne pouvons que nous réjouir de voir les médias français redresser la tête.
Cela va-t-il durer ?
Rien n’est moins sûr. Ainsi, les excuses danoises, politiques et médiatiques, laissent mal augurer de la capacité de résistance de certains pays européens face aux éventuels chantages à venir.
Ainsi, le rédacteur en chef du journal danois ayant publié les douze caricatures, Carsten Juste, a fait acte de contrition le 30 janvier 2006 en concluant sa lettre d’excuses par : « Enfin, permettez-moi de présenter, au nom du journal, mes excuses pour ce qui s'est passé et d'exprimer ma condamnation de toute tentative de porter atteinte aux religions, valeurs ou peuples déterminés. Et qu'Allah agrée notre démarche. »
Notons que les caricatures danoises n’ont pas été publiées au Royaume-Uni, à l’exception d’un journal étudiant qui a été rapidement mis au pilon, avant même sa distribution. Le Monde du 11 février 2006 nous apprenait que, comme les kiosquiers britanniques sont majoritairement musulmans, les titres de presses anglais ont pu avoir peur d’éventuelles représailles de leur part.
En France, ce phénomène de rétorsion aurait été constaté puisque, si certains kiosques ont vite été en rupture de stock du Charlie Hebdo qui reprenait les caricatures danoises, d’autres kiosquiers auraient, en revanche, refusé de distribuer l’hebdomadaire.
Enfin, les tribunes offertes aux admonestations islamistes par l’extrême gauche laissent penser que l’offensive continuera au travers de ses relais bien implantés.
Rappelons que ce courant politique était déjà venu à la rescousse des récentes manipulations orchestrées par les Frères Musulmans en France pour imposer l’autorisation du port du voile islamique dans les écoles françaises. Les mêmes alliances s’étaient aussi constituées pour nier, en accord avec le gouvernement français, le caractère évidemment religieux des émeutes françaises de novembre 2005. Si vous doutez de ce denier point, regardez ces images et/ou relisez Emeutes françaises : les errements de certains médias.
Les prises de position politiques et économique
Après les menaces proférées contre l’Occident, mais aussi après les nombreux attentats islamistes qui ont frappé ces dernières années l’Europe, Israël, l’Asie, l’Amérique et l’Afrique, certains sont tentés par la politique de l’apaisement comme cela avait été le cas avec les accords de Munich signés en 1938 : s’excuser, renoncer à nos libertés et à notre mode de vie pour ne pas froisser un monde musulman prêt à s’enflammer.
Le Danemark et la liberté d’expression seraient-ils devenus, en 2006, à l’instar de la Tchécoslovaquie de 1938, des gages que l’on doive céder aux islamistes pour espérer avoir la paix à court terme ?
Jacques Chirac a fait ce choix en qualifiant de « provocation » la publication des caricatures par Charlie Hebdo. Cela rappelle les heures les plus sombres de la Collaboration. Il est vrai que le président français n’en est pas à sa première capitulation face aux différents terrorismes qui ont frappé la France. Rappelons aussi que Jacques Chirac s’était aussi opposé à l’inscription de racines chrétiennes, voire judéo-chrétiennes, européennes dans la Constitution européenne.
Dans quel but ? Pour plaire à qui ? Pour entrouvrir la porte à la Turquie ?
Toujours en France, comment ne pas s’inquiéter de la tentative de manipulation de la Justice par le ministre de tutelle, Pascal Clément ? En effet, ce dernier aurait donné des instructions pour que « Charlie-Hebdo » ne soit pas autorisé à la publication. Heureusement qu’un vice de forme a été commis par le CFCM et que cela a empêché les magistrats de se plier aux ordres de leur ministre de tutelle.
L’administration américaine, ainsi que le premier ministre britannique, Tony Blair, ont aussi clairement pris position en faveur de l’apaisement. Le choix de ces deux dirigeants peut sembler étrange, sauf si l’on rappelle que leur armée est en première ligne en Irak, face aux groupes terroristes qui ensanglantent le pays. Toutefois, si la Maison Blanche a dit « comprendre » la colère des musulmans, elle a modéré ses critiques en affirmant souhaiter que « les gens qui critiquent ces dessins s'expriment avec force contre toute forme de discours de haine, y compris les dessins et les articles dans tout le monde arabe qui épousent fréquemment les vues antisémites et antichrétiennes ».
Ajoutons à ce triste recueil de déclarations, les propos de Bill Clinton prononcés au Qatar : « Il y a cet exemple affreux en Europe du Nord, au Danemark (...) ces caricatures totalement offensantes pour l'islam ».
En relais à la reddition offerte par certains dirigeants politiques, notons aussi celles de certaines entreprises européennes (filiales ou affiliés) tels que Carrefour ou Nestlé. En effet, par crainte de boycott, ces dernières se sont singularisées par le retrait de produits danois pour Carrefour en Egypte et à Dubaï, et par l’achat de pages de publicité dans des journaux arabes pour expliquer que Nestlé n’est pas une entreprise danoise et que ses produits ne sont pas « made in Denmark ».
Face à ces comportements lâches qui rappellent encore les pires heures de la Collaboration, ne serait-il pas temps de faire savoir à ces entreprises qu’elles comptent aussi des clients en Europe qui chérissent leur démocratie et la liberté d’expression, et qu’elle disposent de concurrents vers lesquels ils pourraient bien se tourner ?
Notons que les médias francophones n’ont pas relayé ces boycotts initiés par Carrefour et Nestlé, à l’exception du toujours bien informé et courageux Jeune Afrique, et de Libération dans son édition du jeudi 16 février 2006. Il est vrai que Carrefour et Nestlé sont de très gros annonceurs des médias français.
Enfin, et pour finir sur une note optimiste, rappelons les propos sans concessions du commissaire européen à la justice, la liberté et la sécurité, Franco Frattini : « Les manifestants en colère ont choisi de répondre par des actes de brutalité aux attaques portées par la voie de presse contre leur religion. Une fois de plus, ils ont perdu l’occasion de montrer que l’islam peut coexister avec la démocratie ».
Le concours de caricatures sur la Shoah
En riposte à la publication des caricatures danoises, un magazine iranien a proposé de lancer un concours de caricatures sur la Shoah.
Comment ne pas s’étonner que ce concours de caricatures n’ait pas été lancé contre le Danemark, où éventuellement contre la religion chrétienne qui est présente sur le drapeau danois au travers de croix, et qui, de plus, est un pays à dominante chrétienne ?
Pourquoi les médias français, et internationaux, ne se sont-ils pas étonnés de cette obsession antisémite de la part de l’Iran ?
Par ailleurs, on peut regretter que les médias français n’aient pas assez rappelé les caricatures antisémites et antichrétiennes, et plus généralement antioccidentales, qui inondent quotidiennement la presse des pays arabes, ainsi que celles qui frappent, dans les médias français, le Pape Benoit XVI, mais aussi celles qui ont été consacrées à la fin de vie de Jean-Paul II.
Notre conclusion
En somme, il nous apparaît que les véritables enjeux de l’affaire des caricatures n’ont pas été tous clairement exposés par les médias comme par les politiques :
- Le monde occidental fait face à une tentative de déstabilisation planétaire préméditée et orchestrée par des organisations islamistes puissantes déterminées à imposer la Charia (loi islamique) dans le monde entier.
- Un des objectifs de cette crise des caricatures est d’affaiblir l’Europe et de l’empêcher de se protéger en restregnant l’immigration.
- Les dirigeants politiques européens (Chirac, Solana, Blair), mais aussi américains (le département d’Etat américain, les anciens présidents Carter et Clinton), ont réagi avec une extrême faiblesse face à ces provocations.
- La capacité de résistance de la France et de certains pays européens est, à juste titre, considérée par ces organisations islamistes comme, extrêmement faible devant toute nouvelle déstabilisation ou acte terroriste à venir.
- Dans l’agenda global des organisations islamistes à l’œuvre actuellement, d’autres provocations et prétextes sont en préparation, en France, en Europe et ailleurs.
- La publication par les médias d’anciennes photos de 2003 sur les humiliations infligées dans les prisons irakiennes, mais aussi d’images de soldats britanniques brutalisant des civils irakiens en 2004, fait partie d’une stratégie globale destinée à réalimenter la fureur musulmane. Pour le moment, cette provocation n’a pas été couronnée de succès.
- Les média ont volontairement caché au public les pancartes de certaines manifestations où l’on pouvait notamment voir que « l’Europe méritait, et aurait son 11 septembre », ou que tous ceux qui offensent l’islam « méritent d’avoir la tête tranchée ».
- Dans leur volonté d’apaisement et de relativisation, de nombreux médias ont pratiqué des amalgames douteux, assimilant les stricts observants de toutes les religions aux islamistes radicaux. Rappelons qu’aucun prêtre intégriste ou rabbin orthodoxe n’a envoyé ses disciples se faire exploser dans un avion, un restaurant ou un train.
Les accords de Munich, qui ont vu la France, l’Angleterre et l’Italie abandonner la Tchécoslovaquie à Hitler, ont été signés le 30 septembre 1938.
La mise en scène de la mort du petit Mohamed Al Doura diffusée par France 2, ayant déclenché une vague de violence islamiste planétaire, a été diffusée le 30 septembre 2000.
Les caricatures danoises qui ont provoqué une tempête géopolitique mondiale, ont été publiées le 30 septembre 2005.
L’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement à date fixe ?
Le 30 septembre serait-il le rendez-vous de la capitulation des démocraties face aux totalitarismes ?
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Cet article est disponible en anglais : Danish cartoons: manipulation or capitulation?.